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Seul le mot "démocratie" et plus encore, ses différents concepts peuplent le langage et le sens des pratiques de l'humanité depuis le début de la modernité. Les mouvements se succèdent pour et contre elle. Mais la vitesse et l'intensité des changements dans l'évaluation de la démocratie augmentent tellement que l'on ne sait pas si ce rythme se poursuit depuis une décennie ou si la plus grande accélération ne vient, disons, que des trois dernières années. Tout change de plus en plus vite et cela ne semble pas être pour le mieux. Cette dernière est pour l'instant la plus visible.

Nous vivons un moment important de l'histoire du pays et du monde. Un moment de profond changement, selon certains, semblable à celui vécu dans la transition du Moyen Âge à la modernité. La crise de la représentation politique dont nous parlons aujourd'hui, mais aussi des phénomènes aussi différents que l'informalité, l'économie ou l'augmentation des dépressions et des problèmes de santé mentale, ne seraient que les effets de cette transition majeure.

Nous vivons au Pérou et au niveau mondial une transformation de la sensibilité des personnes, qui se produit à la suite d'un changement dans la façon dont la société produit les individus. Le sociologue Danilo Martucelli, qui revient sur les 60 dernières années à Lima, affirme qu'ici "il y a un individu qui se sent obligé de s’occuper de lui-même. Un individu conscient des énormes inégalités, mais convaincu que cela ne dépend pas de l'État, et qui utilise donc toutes les ressources à sa disposition pour atteindre son bien-être. Pour Martucelli, l'individualisme de Lima est donc une variante, à forte personnalité, de l'individualisme génétique propre à l'Amérique latine. Si tel est le cas, et c'est ce que cet article tente de soutenir, ce problème n'est pas seulement local.

Le 8 Février 2018  un journal de Zurich, Neue Zürcher Zeitung, intitulait «  Plus d’Etat – moins de Liberté » un article qui traitait de façon critique le contrat de coalition discuté la veille entre la CDU-CSU et le SPD. Ce qui nous intéresse ici, ce n’est ni  le contrat en question, ni sa critique. Je souhaite surtout attirer votre attention sur la relation que ce titre laisse supposer entre les notions d’Etat et de Liberté. Si la base de ce titre est un modèle propre au  jargon de la communication, alors sa réciproque « Moins d’Etat – plus de Liberté » est valable aussi, tout comme la formule comparable « Plus d’Etat, moins de Liberté » ainsi que sa réciproque. Le fait que ces formules expriment le Credo politique de nombreux concitoyens, ne nécessite pas d’explication plus approfondie. Je voudrais dans le propos  qui suit me concentrer sur la question suivante, à savoir, qu’entend-on par Liberté d’une part et Etat d’autre part, dans ces formules qui se complètent mutuellement.  

 Le MEIC, Mouvement italien membre de Pax Romana Miic, réuni au monastère de Camaldoli (Toscane) pour sa session annuelle, s'est demandé par un exercice d'écoute et de dialogue, comment imaginer et mettre en œuvre des formes de participation dans la société et au sein de la communauté chrétienne.

Démocratie

     Nous sommes très préoccupés par ce moment de l'histoire, qui se caractérise par une crise des formes démocratiques de participation et de gouvernance et, plus profondément, des principes mêmes de la démocratie.

     L’effondrement du pont Morandi à Gênes et l'histoire du navire Diciotti attendant le débarquement de réfugiés à Catane en Sicile: comme cela arrive souvent, de nombreux Italiens se sont soudainement découverts experts dans les grands travaux d'infrastructure et les flux migratoires et ont utilisé surtout les médias sociaux pour transmettre des opinions, des invectives, souvent des rancunes.

Fondements éthiques de l'autorité de l'Etat

1 De l'anthropologie de l'indigence à la justice et de la justice à l'amour: le fondement éthique de l'autorité et de la participation.

    La vie humaine est comprise entre deux parenthèses qui l'ouvrent et la ferment et qui s'expriment de façon emblématique dans les pleurs du nouveau-né et dans le râle des mourants. Ces gestes, dont l'explication immédiate se situe sur le plan biologique, peuvent être considérés comme une sorte de parabole métaphysique de la personne. Ils sont le signe d'un besoin, non pas d'un besoin centré sur un bien particulier, mais, beaucoup plus radicalement, ils expriment "le besoin d'être". La personne est capable de répondre à plusieurs de ses besoins, mais ne peut jamais éliminer le besoin de sa propre vie. La perspective dont nous parlons n'est pas celle de Marx ou de Freud, pour qui l'homme est riche en besoins ; chez ces auteurs, les besoins sont saisis au moment de leur expression historique. Dans la ligne de réflexion présentée ici, on ne veut pas nier l'existence de besoins au pluriel, mais souligner le fait qu'ils trouvent leur racine herméneutique dans la personne en tant qu’" être de besoin ". 

Les récentes déclarations du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, sur la nécessité d'un " recensement " des Roms présents en Italie, accompagnées de regrets quant à l'impossibilité d'expulser les personnes de nationalité italienne, suscitent non seulement l'étonnement, mais aussi l'inquiétude et nous appellent, en tant que citoyens et associations catholiques qui vivent la réalité quotidienne des gens ordinaires, à une prise de position que nous croyons nécessaire.

Le choix d'utiliser de tels arguments pour trouver un consensus politique semble d'autant plus grave qu'il est effectué dans le contexte italien, qui a été récemment alimenté par des craintes, des menaces d'invasions présumées, du ressentiment et de la colère contre "l'autre". C'est une approche qui rappelle les fantômes d'un passé que nous pensions lointain et qui réapparaît dans notre pays, comme dans le reste de l'Europe, avec le visage de nouvelles souverainetés. Il y a un risque de transmettre l'idée, inacceptable parce que fausse, que l'appartenance à une culture signifie automatiquement se comporter en dehors de la loi et donc ne pas trouver sa place dans notre tissu social.

Construire une politique pour l'Italie en choisissant la stratégie pratique d'identifier continuellement des "ennemis" contre qui s'opposer, qu'ils soient migrants, l’Europe marâtre et maintenant les Roms, démontre peut-être une habileté tactique, mais révèle malheureusement une pauvreté intellectuelle et politique qui, nous le craignons, devra être payée un jour par le pays.

Traduit du texte Italien d'origine par Philippe Ledouble.

   Les événements politiques italiens des derniers mois (Election d’un gouvernement composé du parti d’extrême droite La Lega et du parti populiste 5 étoiles) ont révélé un changement, non seulement dans les formes et les orientations politiques qui caractérisent le nouveau gouvernement, mais aussi dans la conscience du pays.  Nous avons cultivé pendant de nombreuses années l'idée que les Italiens, outre leurs défauts, étaient encore un peuple hospitalier, ouvert à l'Europe, capable de faire face sérieusement aux moments difficiles de son histoire. Aujourd'hui tout semble bouleversé, comme si une grande anxiété érodait nos pensées et changeait nos croyances : les processus de mondialisation et de financiarisation de l'économie nous semblent ingérables et génèrent de graves inégalités sociales, et donc produisent en nous le besoin d'une défense, qui prend de plus en plus le caractère de fermeture. Et c'est le même mécanisme par lequel nous vivons les phénomènes migratoires, que nous aimerions mais que nous ne pouvons pas réguler comme nous le souhaitons : il ne suffit pas de dire que le nombre de migrants dans notre pays est relativement petit (comparé à d'autres pays européens), parce que la perception est différente. Dans cette situation, qui n'est pas différente de celle de nombreuses autres réalités présentes en Europe et aux Etats-Unis, les références idéales et culturelles sur lesquelles la société était basée et sur lesquelles la politique s'est appuyée ont également changé.