Imprimer
Affichages : 2636

 La république centrafricaine est plongée dans le chaos. Des rebelles majoritairement musulmans, dans une coalition dénommée « Séléka » ont pris le pouvoir par les armes depuis Mars 2013, dans un pays à majorité chrétienne, renversant le général François BOZIZE.

 Les séléka sont en réalité un  groupe hétéroclite de rebelle locaux, de mercenaires tchadiens et soudanais, infiltrés par des éléments islamiques. Depuis la crise, ils ont commis de graves exactions contre les chrétiens. Dès leurs premières entrées dans la capitale Bangui, les hommes de troupes de la séléka et leurs officiers se sont nourris et servis. Ils ont sur leur passage, visé prioritairement les véhicules automobiles, en particulier les  véhicules de type 4X4, sur lesquels il leur était plus facile de négocier la revente aux frontières du Tchad et du Soudan et du Darfour.

 

Tous les véhicules de ce type, qu’ils appartiennent à des Administrations, à des entreprises privées, aux organismes internationaux ou humanitaires et aux particuliers, ont été systématiquement acheminés  vers le Nord-Est.

 Pour mieux opérer, ils ont recruté comme « ravisseurs » des enfants de la rue, qui les conduisent à pied, en repérage des endroits où se cacheraient les butins. Les enfants de la rue après le passage de la Seléka, se servaient à leur tour de réfrigérateurs, ventilateurs, téléviseurs, radios ou glacières, tout ce qui a un prix est enlevé.  Une fois arrivés dans la capitale, dans les villes, les troupes de la séléka organisent la terreur, un système mafieux, du racket : « tu paie ta protection ou je te dévalise ».

Dans les localités conquises, ils ont brulé les administrations, saccagé les entreprises publiques ou privées. Il y a rarement des actes des civils qui sont restés à leurs passages. Tous les documents Administratifs ont été brulés. Des destructions des archives administratives ont été constatées.

Ils ont saccagé toutes les églises chrétiennes. Il y avait manifestement une volonté d’effacer les traces de la présence catholique jusqu’alors prépondérante. L’on craignait l’existence d’un djihad dont l’objectif serait d’asseoir l’islam comme religion majoritaire dans le pays.

Les violences à l’égard de la population : la plupart des chrétiens ont trouvé refuge auprès des missions catholiques. Les civils en particulier, les hommes quittent leur maison par peur d’être détenus, battus ou tués par les forces des « Séléka ».

En réaction aux exactions des « séléka », des milices « anti-balaka » sont apparues depuis le mois de septembre. Ils sont en réalité des milices favorables à l’ancien président déchu François Bozizé. Ils se sont infiltrés dans les quartiers et parmi la population chrétienne. Ils disposent d’un armement sommaire constitué surtout d’armes blanches. Ils se vengent sur les civils musulmans, éleveurs, peuls et commerçants. Ainsi des civils musulmans ont aussi été déplacés. Le pays s’est peu à peu enfoncé dans un engrenage de violences inter-communautaires, et inter-religieuses entre chrétiens (80% de la population et musulmans).

 Il s’en est suivi des affrontements entre les forces de la « séléka » et divers groupes d’autodéfense dits « anti balaka » qui sont en majorité de confession chrétienne. Des incidents violents ont exacerbé les tensions entre les communautés et engendré des divisions sur des bases religieuses ou sectaires.

 Les milices « anti balaka » et les « Séléka » procèdent à des représailles sur la population civile, à partir du postulat selon lequel ceux qui ne sont pas musulmans sont chrétiens, et ceux qui sont musulmans sont tous des partisans, voire des complices de « séléka ». Une telle pensée, véhiculée à des fins purement politiques est très dangereuse. Car cela signifierait que les chrétiens centrafricains se seraient organisés pour une lutte armée contre leurs compatriotes musulmans, ce qui n’est absolument pas le cas.

 Cette situation résulte d’une irresponsabilité des anciens et actuels dirigeants de la RCA, plus préoccupés par le pouvoir et ses avantages matériels, un calcul diabolique. Ils entretiennent des divisions sur des bases religieuses, pour des raisons purement politiques.

 Autrement dit, le terme de « milice chrétienne » pour désigner la milice anti-balaka me parait inexact, et surtout dangereux. Pourtant ce sont des communautés religieuses qui vivent ensemble, et en bonne intelligence depuis des décennies.

 Les médias internationaux doivent donc faire attention aux conséquences de l’emploi d’un tel terme, la RCA est composée majoritairement de chrétiens, mais donner l’impression d’une manière simpliste de l’existence de deux blocs qui seraient entrain de s’affronter à l’exemple de ce qui se passe ailleurs est totalement inexact.

 La population centrafricaine ne doit pas tomber dans le piège politique totalement diabolique de ceux qui utilisent tous les moyens pour l’amener à se diviser sur la base des considérations religieuses.  Les actes de « Séléka » ne sont pas imputables à tous musulmans, de la même manière, ceux des «anti-balaka » ne concernent pas les centrafricains non musulmans.

 On assiste à une escalade des meurtres, des violences sexuelles, du recrutement d’enfants soldats, et d’autres crimes graves dans le pays.  On perçoit confusément tout le parti tiré par cette situation dans le cadre d’une politique de naturalisation massive de tous les supplétifs Tchadiens ou soudanais qui ont aidé et accompagné l’alliance dans la conquête du pouvoir.

 Comment rétablir la sécurité dans un pays sans institution, sans police et sans armée ? L’inaction, c’est prendre le risque d’un désastre. Dans cette situation, La France ne peut rester l’arme au pied et laisser faire, en attendant le rétablissement hypothétique d’une présidence légitime.

 Les hautes personnalités du pays et d’Etat sont à l’origine de cet état de fait. Elles ne craignaient ni les conflits d’intérêts, ni de mélange du genre. La faillite morale a atteint l’ensemble du corps social entier.