Click on the flag to choose the language.

Les scandales d’abus sexuels créent une situation nouvelle et nos mouvements sentent la nécessité d'agir. Mais comment? L’objectif de ce forum d’échanger des expériences en réponse à l’appel du pape du 24 août 2018. (Pour les autres langues, cliquer sur le drapeau à gauche).

Pour lire les articles dans d'autres langues, cliquer sur le drapeau correspondant à gauche.

Votre rassemblement et le thème de votre séminaire, constituent un véritable signe d’espérance quant à l’actualité et l’avenir de l’Afrique, notre Afrique. "Le professionnel catholique et la citoyenneté en Afrique aujourd’hui". Il est urgent d’aborder ces questions dans une Afrique de plus en plus confrontée à "plusieurs défis de gouvernement qui entrave la prestation du secteur public et compromettent sérieusement la cohésion sociale". Une Afrique constamment "sous l’orage" pour prendre le titre du roman du malien Abdoulaye Sodji, qui fait partie des classiques de la littérature africaine… une Afrique "sous l’orage" : l’orage des conflits interethniques et des guerres. L’orage des crises politiques à répétition avec leurs conséquences dramatiques sur les populations. L’orage des coups d’Etats qui n’apportent rien de plus ni rien de mieux. L’orage des injustices sociales, de la mauvaise gouvernance, de la corruption. L’orage de la démission de l’élite intellectuelle et du silence coupable de ceux-là même qui devraient être la voix des sans-voix … vraiment, pour prendre le titre d’un livre du nigérian Chinua Achebé, je dirais qu’en Afrique, "l’âge d’or n’est pas pour demain".

Et dire cela, ce n’est pas sombrer dans l’afro-pessimisme, c’est être tout simplement réaliste … Réaliste devant le paradoxe africain : voila en effet un continent qui regorge de richesses et de potentialités énormes mais dont les enfants partagent dans la misère. La misère qui est une dégradation de la misère humaine. Oui, toute misère, qu’elle soit matérielle, morale, spirituelle, intellectuelle, toute misère dégrade l’homme dans sa dignité. C’est pourquoi l’écrivain sénégalais Cheick Amidou Kane a écrit, dans son livre intitulé l’homme ambigüe, que « la misère est le principal ennemi de Dieu ».

Un autre aspect du paradoxe africain : voilà un continent qui connait une très grande effervescence religieuse sans que cela n’améliore vraiment sa marche et le vivre ensemble de ses enfants, encore moins leur qualité de vie. En effet, selon les prévisions du Henry Institute, d’ici à 2025, plus de 50% des africains seront chrétiens sans compter ceux des autres confessions religieuses. La plupart des élites intellectuels et des acteurs politiques de nos pays, se réclame de telle ou telle confession religieuse. Beaucoup ont été formés dans nos écoles et dans nos universités confessionnelles. Nombreux sont les leaders et les décideurs qui sont les fidèles de nos différentes Eglises et religions qui fréquentent nos églises, temples et mosquées et cela ne semble pas avoir un impact réel sur la vie publique. Du moins, pas à la hauteur et à la mesure qu’on avait souhaitée.

C’est sur toutes ces réalités que le thème de votre séminaire vous invite à porter votre réflexion. Il vous revient de penser la citoyenneté en Afrique autrement, à la lumière de votre foi en Jésus-Christ qui est expert en humanité et qui donc seul sait ce qui est dans le cœur de l’homme. Lui qui est venu pour remettre les peuples debout car Il est le « centre de l’histoire et du cosmos » comme l’a si bien souligné le Pape st Jean Paul II dans sa première lettre encyclique « Redemptor hominis ». En réfléchissant sur toutes ces questions et surtout en agissant pour que les choses bougent, vous contribuez à l’avènement d’une Afrique debout ! Et il faut que le peuple africain se mette debout, car la position normale d’un peuple, c’est d’être debout ! Nous devons refuser d’être « les damnés de la terre » pour reprendre le titre du livre de Fruntz fanon. Je souhaite donc que votre séminaire atteigne les objectifs qu’il s’est fixé.  A savoir :

  • dans un premier temps : vous inspirer la force de prendre courageusement vos responsabilités personnelles et collectives, pour une Afrique plus forte. Une Afrique qui ne sera plus comme ce blessé gémissant au bord du chemin qui attend toujours qu’on vienne le secourir… ou encore, comme ce paralytique couché au bord de la piscine et qui attend toujours que quelqu’un vienne le pousser dans l’eau.
  • dans un deuxième temps : instaurer des mécanismes de collaboration entre vous, professionnels catholiques des différentes régions et pays d’Afrique.

Vous n'êtes pas autorisé à poster des commentaires