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EuropeInfos. #180- mars 2015, La lettre mensuelle de la COMECE et du JESC.

En 2013, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a annoncé que l'Europe avait déjà réduit de 19% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, mais que cette réduction était largement l'un des effets de la crise économique.

 

 

unknownIl y a deux stratégies possibles de lutte contre le changement climatique : atténuer le changement ou s'y adapter. La première stratégie consiste à limiter les effets du changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ; la seconde consiste à faire face aux impacts et aux conséquences du réchauffement global (sécheresse, inondations, pénurie d'eau potable, etc.) en adaptant nos sociétés aux nouvelles conditions environnementales. En fait, les deux stratégies sont complémentaires : les mesures d'atténuation s'efforcent de réduire des impacts auxquels, inévitablement, nous devrons nous adapter.

 

Ces stratégies tentent de respecter le consensus visant à maintenir le réchauffement global en 2100 à moins de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels. Au-delà de ce seuil, le changement climatique sera très probablement dangereux et irréversible. Nous présentons ici quelques-unes des stratégies les plus importantes en matière d'atténuation.

 

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

Le Protocole de Kyoto constitue le fondement des politiques d'atténuation du changement climatique. Il a été signé en 1997 et il est entré en vigueur en 2005. A l'heure actuelle, le Protocole de Kyoto est entré dans sa seconde phase (2013-2020). La prochaine Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP21), qui aura lieu à Paris en décembre 2015, est d'une importance cruciale pour le renouvellement du Protocole de Kyoto.

 

La Commission européenne propose, dans son cadre d'action le plus récent en matière de climat et d'énergie, d'adopter comme objectif une réduction des émissions de 32% d'ici 2030 par rapport aux chiffres d'émissions de 1990. Le principal objectif est de réduire les émissions de 80-95% d'ici 2050 par rapport aux chiffres de 1990.

 

Les objectifs sont très différents d'un Etat membre à l'autre. Ces objectifs tiennent compte de l'histoire, de la situation spécifique et du développement économique de chaque pays. C'est ainsi que la Suède a l'objectif très ambitieux de réduire de 17% les émissions de gaz à effet de serre, tandis que la Roumanie, qui connaît des changements économiques, est autorisée à augmenter ses émissions de 19%.

 

Le système européen d'échange de quotas d'émissions

Ce système d'échange a été lancé en 2005 par l'Union européenne. C'est la pierre angulaire de sa stratégie de lutte contre le changement climatique. Il consiste en un échange de "droits" d'émissions, généralement appelés "quotas" d'émissions. Le système fixe un "plafond", c'est-à-dire une limite correspondant au volume total de certains gaz à effet de serre émis par les usines, les centrales électriques et autres installations émettrices d'émissions. Les entreprises se voient attribuer des quotas d'émissions qui sont limités par ce plafond. Les quotas peuvent ensuite être "échangés", ce qui veut dire qu'ils peuvent être vendus ou achetés d'une entreprise à l'autre, en fonction des besoins.

 

A la fin de chaque année, le système évalue le volume d'émissions effectivement produites par rapport aux quotas autorisés. Si les émissions sont excessives, les entreprises reçoivent une amende mais elles peuvent conserver leurs quotas de réserve pour couvrir de futurs besoins, ou simplement les vendre pour réaliser des bénéfices.

 

Toutefois, le système d'échange d'émissions est loin d'être efficace. Comme les prix oscillent actuellement autour de 5 euros la tonne, ils sont inférieurs aux 20 à 30 euros nécessaires - selon les analystes des prix - pour motiver véritablement les entreprises et les encourager à passer à des technologies moins polluantes par l'allocation ou la vente de quotas pour couvrir leurs émissions. A l'origine, le système a surestimé les quotas attribués aux anciens pays de l'Union soviétique, à l'heure où l'URSS était en théorie une puissance industrielle, mais celle-ci s'est effondrée peu de temps après. Puis la crise économique a réduit les émissions sans une réduction parallèle des quotas. On estime que l'excédent de quotas d'émissions de carbone a une valeur de 3,4 milliards d'euros et les efforts pour le réduire n'ont pas été couronnés de succès.

 

Efficacité énergétique

Un certain nombre de mesures ont été adoptées par l'Union européenne pour améliorer l'efficacité énergétique, notamment la rénovation des bâtiments, les audits énergétiques et la transparence des produits sur le marché. L'Union a déjà décidé, lors d'un sommet européen d'octobre 2014, de fixer un nouvel objectif d'efficacité énergétique d'au moins 27% d'ici 2030. Chaque pays a un objectif national distinct en matière d'efficacité énergétique et il est censé communiquer ses objectifs et ses plans d'action tous les deux ans.

 

Captage et stockage du dioxyde de carbone

Il s'agit d'une technologie de séquestration géologique qui piège le CO2 émis, le comprime et le transporte vers un site de stockage approprié, puis l'injecte dans le sous-sol. Ce processus évite de libérer du CO2 dans l'atmosphère. L'Union européenne a adopté en 2009 une Directive qui traite de la sécurité des sites de stockage. La priorité est de protéger la santé et l'environnement et de supprimer les risques potentiels au cours du processus. Le coût de la technologie de séquestration est élevé, ce qui constitue un obstacle important à sa mise en œuvre.

 

Nous avons brièvement décrit les principaux outils à la disposition de l'Union européenne pour atténuer les effets du changement climatique. Il faut reconnaître et louer les efforts de l'Union pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais il faut également faire remarquer que la responsabilité des pays qui polluent depuis longtemps est plus grande que celle des autres. L'Union européenne doit assumer sa propre responsabilité historique. Il s'agit ensuite de partager les responsabilités avec les autres gros émetteurs d'émissions, tels que les Etats-Unis et la Chine. Cette crise ne peut uniquement se résoudre par les efforts de quelques-uns, si importants qu'ils soient ou qu'ils aient été. Nous sommes placés devant un défi mondial, qui nécessite une réponse mondiale.

Zoé Vanobberghen

JESC

 

Version originale de l’article : anglais

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